Intro Nouvelle – La fuite du roi

C’est froid, je n’arrive pas à respirer, tout va trop vite. Je rate tout. Impossible de controler. Mes yeux peinent à s’ouvrir. Je n’entend que du vent. Je ne distingue plus le haut du bas. Ma gauche de ma droite.

Je sens le mouvement. Mais je sais pas vers où. Je ne vois rien autour de moi. Est-ce moi qui bouge? Mon environnement bouge? Qu’est-ce qui ressent tout cela? J’ai su la réponses à toutes ces questions. J’étais important, sur, convaincu, enraciné, mais aujourd’hui. cela ne sont que des mots, sans substance…

Mes yeux s’ouvrent enfin. Je remarque voler avec un serpent dans les nuages. Plus précisément je perçois depuis le serpent. Il n y a rien ici qui m’intéresse. ce ne sont que des nuages au dessus d’un océan.

“Veux tu voir autre chose?”

“C’est quand même ennuyeux? non?”

“Beaucoup de ton espece ont rêvé de pouvoir voler dans les nuages.”

“Mais c’est symbolique, c’est comme les gens qui veulent gagner au lotto. Ils ne veulent pas l’acte même de voler ou l’argent. Ils veulent se sentir libre.”

“Ce n’est pas ce que tu recherches?”

“Je l’ai eu la liberté, donc non”

“Pourtant tu m’as appelé”

“C’est vrai mais pas pour ça”

“Ton message était pourtant clair, c’est pour ça que je te fais vivre ceci.”

“Je suis libre et je le sais, je fais grandir et tomber des nations en disant quelques mots”

“Pourtant tu m’as appelé”

“L’assassinat de ce président, c’est moi, toutes ces nouvelles technologies, c’est moi, ces attaques terroristes, c’est moi”

“C’est vrai, mais est-ce que ça te comble?”

“Tout mes besoins sont répondus. Je peux tuer des gens et je ne serai pas arrêté. Il n y a aucune limite pour moi, je fais ce que je veux”

“Est-ce que ça te comble?”

Les nuages, l’océan et le serpent disparaissent. Je suis à nouveau dans mon lit…

Quel rêve stupide…

Pourquoi tu m’as quitté?

J’avais besoin de fuir. Je ne supportais plus la lumière. Elle me brulait les yeux. Elle était présente partout ou j’allais. Rien ne lui échappait, moi non plus. Pourtant je veux m’échapper de tout. Me réveiller de tout ces rêves. Ces rêves mènent au cauchemars qui mènent aux rêves. On n’échappe pas à la lumière.

J’ai couru, couru et couru, sans savoir où aller. Je ne sais toujours pas où je vais. Je ne sais pas si un jour je le saurai. Mais je veux savoir. Je veux savoir. Je veux savoir comment s’échapper. Je veux savoir ce qu’il y a hors du temps.

Pire que ça, je veux savoir pourquoi je veux m’échapper. Je n’ai aucun problême. J’ai tout ce que je veux. Mais je veux m’échapper. Je veux savoir pourquoi j’ai commencé à courir il y a tellement de temps.

J’aime prétendre que c’est parce que tu m’as quitté mais, je courrais déjà bien avant. Tout gouttait le déjà le gris. Un gris qui colle et ne veut pas te lacher. Un gris qui se nourrit des couleurs qu’on a en soi.

J’ai oublié quand j’ai vu ma mort pour la première fois, un moment pourtant si important. Le début de ma course. Depuis je n’ai fais que vieillir, un constat grisant. J’ai couru et couru mais je n’ai jamais pu m’échapper.

Une pensée m’est venu récemment, mais je n’ai pas l’appréhender : Si s’échapper était d’arrêter de fuir, de lacher prise. De se laisser griser. De se laisser mettre en cage. Comme si la main attend que nous soyons calme dans la cage. La main mettrait alors la cage dehors et ouvrirait la porte définitivement à ce moment la.

Non, non et non. Je ne veux pas, je ne me laisserai pas faire. Je vais courir encore plus vite qu’avant. Je serai plus rapide que la main. J’avais besoin de fuir. Je crois toujours en avoir besoin .

“Chéri?”

Tout ces jeunes ne savent pas quoi faire de leurs couleurs. J’ai le pouvoir de leurs voler chaque étincelle de vie qui peut résider en eux. Si la tache de gris m’a touché et grandit en moi, je vous assure que je leurs enverrai un tsunami de boue au gout de cendres. Putain de société où on valorise le jeune et con.

“Chéri?”

Boire tout les soirs, sortir dancer. Aucune valeur à lire, à réflechir, non il faut toujours plus d’energie. Tout plus vite, tout plus forts, tout plus dur, toujours être sur de soi. Toujours être ado, être convaincu de ses conneries. Pas de place pour le vieux. Pas de place pour l’inutile. Pas de place pour le doute.

“Chéri? Chéri? à quoi tu penses?”

Merde j’avais oublié qu’elle était la

“Tu penses quand même pas à ta femme?”

Jeune et conne comme je les aime. Je ne peux pas échapper à ce rêve de jeunesse éternelle.

“Je ne veux pas que tu penses à ta femme quand tu es avec moi.”

Jeune et conne, avec des faux seins, fausses fesses et un visage aussi rempli de maquillage qu’une peinture surréaliste. Tout pour cacher le vide profond en elle.

“Tu me prends pour de la merde.”

Bon je vais devoir réagir sinon elle va me casse la tête

“Je m’imaginais comme tu était belle avec ta jupe et ton tailleur”

“Tu ne m’aimes pas nue dans tes bras?”

“Oui aussi. le je veux que tu viennes sur moi habillé comme avant et ton dos à moi. Que tu me chevauche trèèèèèès lentement, je veux voir ton corps magnifique de l’arrière cette fois.”

“ça va coquin, je vais m’habiller”

“Non va dans la salle de bain, je veux te voir tout prête.”

“Ok chérie à tout de suite”

Jeune et très conne oui, où est le viagra? Au moins je devrai pas la regarder dans le visage. Où est l’eau? Le champagne devrait être bon aussi. Gouter les belles choses de la vie…

Étudiante en litérature anglaise. Quelle connerie. Tente l’economié, trouve toi un couillon qui t’aimes plutot que rever de marier un vieux crouton. C’est ce que ma femme a fait. Comme si ce crouton allait lacher sa femme et ses enfinants pour une jeune chatte qui sait pas faire un café correctement.

J’ai reçu des SMS. Mon fils veut la ferrari, ma femme de l’argent. Ma femme veut aussi s’assure que je serai présent à la défense du doctorat de ma fille. C’était quoi encore son sujet? Je demanderai à Didier de me le rappeler. Merde elle ouvre déjà la porte.

“Comment tu trouves?”

“Oh, je te veux chaudasse. Viens ici, non lentement, oui doucement bouge avec grace, danse pour moi, donne moi envie de toi.”

“OK met de la musique alors. “

Oui c’est ça, prend ton temps et laisse venir l’érection. Je vais mettre la radio de jazz, au moins il y aura de la bonne musique

“Tu peux mettre une radio plus moderne?”

Merde jeune et conne, j’ai plus envie, je me casse

“J’ai oublié que je t’ai acheté un CD de musique.”

“Cest vrai?!”

“Oui mais je l’ai oublié dans la voiture?”

“Tu veux que j’y ailles?”

“Non mais alors ce n’est plus une surprise”

“Donne le moi après”

“Non j’ai pensé à toi quand je l’ai acheté je veux l’ecouter pendant que t’es sur moi”

“Tu vas prendre pleins de temps”

“T’inquiète, je m’habille et je reviens vite.”

“à tout de suite”

Je vais quand prévenir de pas la virer tout de suite.

Vers où rouler ce soir? Je n’ai pas d’idée. Il n y a rien pour moi à la maison. Il n y a d’ouvert qui ne puisse être intéressant.

Il fut un temps où j’adorais passer du temps dans cette ville. J’ai acheté ma maison ici pour ça d’ailleurs. Les boites de nuits, les bars, les salles de concerts, les bordels.

Il fut un temps où tout était une opportunité pour vivre quelque chose de nouveau. Maintenant j’ai de l’argent à ne pas savoir quoi en faire. Une famille réputée, une gamine de 22 ans qui m’aime. Une érection artificielle. Bordel, comment j’en suis arrivé la? Seul dans une Porsche à faire le tour du centre à la recherche de quelque chose.

Comment je faisais avant quand j’étais dans cet état? Un joint? de la Coke? Des putes? Ca commençait souvent au même endroit. Je me demande si ce bar est toujours la. De la grand place aller à gauche puis on y est en 5 minutes.

Il est toujours la, j’y crois pas, toujours la mais on dirait plus calme qu’avant. Oh mon dieu même un voiturier? pratique.

“Jeune homme, ne la garez pas loin, au cas où je veuille partir tout de suite, voici pour vous”

“Vous êtes sur? c’est trop.”

“Ah oui pardon, voici”

“Merci monsieur”

Quel abruti, il juste du prendre les 500€ la il rentre à la maison avec 20€. En tout cas ce bar est devenu bien chic.

“Bonsoir monsieur, nous sommes malheureusement complet ce soir.”

Une cigarette au gout de menthe, une cigarette pleine de promesses mais qui est finie aussi vite qu’elle est allumée.

Je ne rêve plus, mon lien est brisé. Les rêves m’ont laissé seul. C’était prévisible, je ne leurs donnaient plus d’attention. J’ai abandonné ces rêves pour des objectifs. J’ai abandonné mes passions pour des objectifs.

J’ai essayé de plaire, de servir, de diner, de feter, de travailler, d’enfanter, se marier, d’aimer, de consommer. J’ai fait tout ça et plus. J’ai la belle carrière, les enfants bien éduqués, la femme splendide et intelligente. En plus de ça, à ma surprise, elle m’aime.

Pourtant la maintenant, je fume ma cigarette sous la lune. Cette cigarette au gout de menthe, pleine de promesses. ça doit être la troisième. Elles se finissent tous trop vites. Il reste mon verre de whiskey.

Elle se cache dérriere la porte. Elle cherche ses mots. Elle veut mon bien, enfin sa vision de ce qui est bien.

Demain ma fille reçoit son doctorat en physique quantique. Elle est venu s’assurer que je joue le rôle du bon père. Ce rôle du père fier du travail que sa fille a réalisé. S’assurer que je ne fasse pas de remarque sur le manque total d’innovation scientifique dans cette thèse. S’assurer que je ne fasse pas de remarques sur la relation extraconjugal du promoteur avec ma fille.

J’ai du être un bon exemple. Charmer son professeur puis menacer sa renommée en dévoilant des photos compromettantes. La connaissant, il a probablement écrit la thèse lui-même…

“Rentre, viens regarder la lune avec moi”

“Merci, je n’osais pas te déranger”

“Que veux tu me dire?”

“Tu es distant, tu vas bien? Est-ce que j’ai fait quelque chose?”

“Non tout va bien”

“Pourquoi tu restes ici? Pourquoi tu ne vient plus au lit avec moi?”

“Je n’arrive plus à dormir”

“Je sais, ça fait une semaine que tu ne dors plus la nuit. Tu ne vas plus au bureau. tu ne manges plus. On se fait du souci pour toi.”

“Ne vous inquiêtez pas.”

“Mais tu n’as pas changé de vetements depuis des jours, tu ne te rases plus. Tu ne lis plus. Tu ne lis plus la télé. Tu n’écoutes plus de musique”

“J’ai juste plus besoin d’être seul.”

“Laisse moi t’aider. Je t’aime tu sais. Je n’aime pas te voir comme ça. Tu veux que j’appelle quelqu’un? Ce psy est très bon et très discret.”

Elle ne va pas s’arrêter. Pourquoi je le ai dit de rentrer? Elle est vraiment casse tête. Mon père avait raison “Cette femme fera de toi un grand homme” et un grand homme je suis devenu. J’ai passé ma jeunesse à investir pour le futur. J’y suis maintenant, dans le futur avec les fruits de mon travail.

Ces fruits n’ont aucun gout.

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