La Prison

Je suis déçu. Ils se regardent à présent et se crient dessus. Personne ne bouge, le premier qui bouge se fait crier dessus et frapper s’il s’approche des autres. Ils voient les serrures. Ils voient les portes. Mais aucun d’eux ne regardent dans sa cage. Ils ne font que se regarder. Personne n’essaye même d’ouvrir sa porte. J’exagère, Certains regardent autour d’eux. Je les plains. Simplement regarder ailleurs méritent de se faire crier dessus, de se faire griffer.

La fenêtre vers la sortie est la et m’attend. Elle est déjà ouverte. Certaines cages sont vides. D’autres sont partis avant moi? Ils nous ont laissés ici? Sans dire au revoir. Je les comprend. Qui voudrait aider ces gens ici…

J’essaie de montrer les cages vides aux prisonniers mais ils ne comprennent pas. Ils ne voient qu’un décor. Que faire? Est-ce que je dois fuir et les laisser la avant de sortir par la fenetre? Essayer de prendre les serrures et d’ouvrir leurs cages?

Au fond de la salle, un prisonnier qui dort pendant les cris. Il a abandonné comme moi de suivre les comportement ambiant. Je comprend pas d’ailleurs comment les autres continuent de se prendre la tête. En tout cas je te souhaite de bons rêves. Je vais voir si je pourrai t’aider en sortant.

J’étais comme toi. Un jour je me suis réveillé et la porte de ma cage était ouverte. JE n’ai pas compris ce qu’il s’est passé. J’ai voulu sortir mais les griffes m’ont blessés. J’ai pris peur. La porte est ouverte mais pour la franchir je devrai risquer ma vie. J’attendrai le moment où ils sont tous endormis. C’est pour bientôt. Je dois juste ne pas perdre mon énergie.

Mon sprint vers le milieu de la chambre les ont réveillé. Sorti, enfin, juste ces cages devant moi. Les clefs accrochés en haut de chaque cage. Si on avait pris le temps de juste sentir, on aurait pu prendre les clefs tout de suite. Elles sont bien placés. Il est impossible de voir les clefs de l’intérieur des cages. En plus elles sont toutes identiques.

Est-ce que je peux simplement partir? Les laisser tous ici? dans leurs cages? Ils me crient dessus. Ils me détestent. Ils n’ont pas le choix. Je suis dehors. ils n’ont pas pu me tuer avant que je sorte. Je suis sorti et pas eux. Comment vivre avec ce savoir qu’on peut sortir? Le seul moyen est de le tuer. Je connais le sentiment. J’espere vous sortirez de cela.

Je ne sais pas si tu es sorti de ça, dormeur. Je ne sais pas comment tu vas être en te réveillant, mais je vais t’aider. Je vois ta porte. Je vois ta serrure. Je regardent les yeux des autres. Ils savent ce que je veux faire. Mais ne le veulent pas.

J’y vais quand même. Je m’approche de la serrure. Je me fais griffer, ça pique. Ta serrure est ouverte. Tu seras probablement surpris en te reveillant. Tu te demanderas ce qui s’est passé. Tu te demanderas si la porte est vraiment ouverte. Tu commenceras à te poser des questions. Tu commenceras à observer plus profondément tes alentours. Tu remarqueras les cages. Tu remarqueras que le monde ne se limitent pas à ces cages.

Je pourrais aider d’autres, esperer qu’ils me suive. Esperer ne pas être seul dans ce voyage. Je peux essayer de leurs montrer. Leurs montrer ma cage. Leurs montrer la porte ouverte. Leurs montrer les clefs. À chacun de mes mouvements ils veulent m’attaquer mais ils se heurtent à la cage. Ca leurs fait mal. La souffrance se lit dans leurs yeux. Une souffrance masqué par leurs haine pour moi. Je connais le sentiment

Je leurs montre ma cage, montre la porte, ouvre et ferme la porte, des griffes, la ferme à clef et la dévérouille, des griffes, ouvre et ferme la porte et l’ouvre à nouveau, des griffes Je montre ou trouver la clef, des griffes, leurs montre comment sortir, plus de griffes. Je respire, sourit, court, danse. Aucune différence. Toujours les cris, les griffes dans ma direction, les battements de corps contre les cages.

Les gardiens ne leurs donneront pas à manger. Ils n’ont pas réussi à m’arrêter. Autant que je veuille. Ils sont nés dans cette cage. Ils ne connaissent rien d’autres. Leurs seule verité est celle qu’on leurs a imposé au plus jeune age. Je connais très bien le sentiment. Si ma porte n’était pas ouverte je serais probablement en train de crier dans la même situation

Je rassemble les clefs et en met un maximum dans ma bouche. Il ne me reste plus qu’à atteindre la fenêtre. Encore quelques prisonniers sur ma route. Je me lance. Je me fais griffer. Le sang coule. Je grimpe la première cage. Je souffre. Je grimpe la deuxième cage, je souffre. Je commence à fatiguer. Je souffre. Je grimpe sur la fenêtre. Je souffre. Je vois le soleil pour la première fois.

Je ne souffre plus. Je dépose les clefs. J’essaye de jeter les clefs une à une sur toi pour te reveiller. Une, raté. Deux, raté. Trois, sur la cage. Tu bouges mais tu ne te réveilles. Quatre, raté. Cinq, je touche un autre. Ils nous regardaient. Il te jette la clef parfaitement dans le visage. Excuse moi. Je n’avais pas vu que tu était pret à sortir. Je n’ai que vu le dormeur.

Tu te réveilles enfin. Tu fais ta routine de réveil. Tu remarques que ta porte est ouverte. Il t’a jeté la clef sur toi et maintenant t’encourages à sortir. Tu sors. Tu es déboussolé, mais libéré. Je continue ma route. Je t’attend de l’autre coté, loin de cette souffrance, loin de ces jeux.

Je te parlerais, mais je manque les mots. J’ai des mots. Ils ne sont aptes qu’à décrire notre situation de prisonniers. Des mots aptes à décrire différences de la souffrance, la haine ou la peur. Je ne sais pas décrire ce qui est dehors. On ne nous l’a jamais appris.

On nous l’a promis. Si on reste dans la cage, on verrait le soleil, les nuages, la forêt, les oiseaux. On nous l’a promis. Boire de l’eau propre, rire entre amis, regarder le lune. On nous l’a promis.

Je ne sais pas quel chemin je vais suivre, je ne sais pas si tu vas suivre le même. Je sais pas si un jour je reviendrai. Je ne sais pas non plus te dire ce que tu verras sur ta route.

En silence je t’ai souhaité le meilleur. Je souhaite un jour te revoir. Je souhaites tous vous revoir. De l’autre coté de la fenêtre. J’ai gravé ce texte sur le mur pour tout ceux qui viendront, comme ceux qui sont sortis avant.

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